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quotidien Horizons par Neila Benrahal

L’exercice international EU –AL - Seimeex 2018 (Europe-Algérie Séisme Exercices) de simulation d’un fort séisme à Bouira, est passé lundi, 3e journée d’exercice, à l’étape des manœuvres « réelles », à savoir les secours des personnes sous les décombres et le sauvetage et les évacuations médicales.

Les équipes de secours des six pays participant à cette manœuvre présentes avec leurs effectifs et matériels couraient dans tous les sens. Des sirènes des ambulances brisaient le silence. La présence de l’hélicoptère de la Protection Civile, qui survolait les lieux du sinistre, a donné, une touche « réelle » à la manœuvre, marquée par la participation pour la première fois de 86 éléments de la protection civile algérienne, certifiés USAR.

Dans un site d‘exercice à El Asnam, des secouristes Français ont localisé une personne coincée sous les décombres. « C’est un homme dont la blessure nécessite l’amputation de la jambe », a lancé le médecin de la sécurité civile Française. L’équipe médicale a décidé à mener l’intervention chirurgicale, sous les décombres. L’opération a duré deux heures de temps.

La base est sécurisée par les éléments de la Gendarmerie Nationale et de la Police. Un poste de surveillance a été mis en place à l’entrée et l’accès est interdit à toute personne étrangère. Des badges sont remis aux personnes autorisées dont les représentants des médias. La base grouillait de monde.

Sur ce site les consignes de sécurité sont strictes même s’il s’agit d’une simulation. A tel point qu’un agent de la protection civile a exigé d’une journaliste de porter le casque de sécurité ou de quitter les lieux. « Toutes les mesures préventives doivent être prises », a-t-il précisé. De même au niveau de l’hôpital Français de la sécurité civile. L’équipe médicale demande aux représentants des médias le port de tenues spéciales «pour la sécurité du lieu et des victimes ». La prise en charge médicale est menée par des chirurgiens et des médecins urgentistes. Tout le personnel médical est mobilisé. Un centre de tri des victimes selon la gravité de leurs blessures est installé à proximité de l’hôpital.

« Cet exercice est très utile voire essentiel pour le professionnalisme et la modernisation de la protection civile algérienne », commente le directeur général de la Protection Civile (DGPC), le Colonel Mustapha El Habiri, dans une déclaration à Horizons. Et d’ajouter : « Il fallait, suite à la certification de la protection civile à l’INSARAG (Groupe Consultatif International de Recherche et de Sauvetage, Ndlr), aux normes Onusiennes, de faire tous les modules. Cet exercice va également permettre aux étrangers de constater le niveau des pompiers algériens sur terrain ». C’est aussi une occasion pour booster la coopération avec les partenaires nationaux et internationaux. « Même si la manœuvre est virtuelle elle est essentielle pour tester les capacités des hommes et du matériel », a souligné le Colonel El Habiri.

Coordination internationale, le grand test

L’exercice international de simulation d’un séisme (EU-Al –Seimeex 2018 ou Europe-Algérie Séisme Exercices), organisé par la Protection Civile, à Bouira, est un aperçu de la gestion globale des effets d’un tremblement de terre. C’est notamment, un test de la procédure « assistance Internationale ». En effet, le fonctionnement des différents niveaux de la chaine de Commandement et la coordination entre les unités de la Protection Civile algérienne et les équipes étrangères (plus de 12), sont les principaux objectifs de cette manœuvre internationale.

La gestion d’un séisme ne se limite pas aux secours et sauvetage mais aussi à la gestion, l’organisation et l’acheminement des secours étrangers venus par voies maritimes, aériennes et terrestres, vers les sites du sinistre. Autant dire que les secouristes étaient sur tous les fronts en ce dimanche de pluie.

Le scénario 

Samedi 14 Avril. Un séisme de magnitude 7 sur l'échelle de Richter frappe la wilaya de Bouira, à l’est de la Capitale. Le tremblement de terre qui a dévasté une zone urbaine à haute densité de population et occasionné des pertes humaines ainsi que des matériels et infrastructurels, selon les premières estimations des unités de reconnaissance de la protection civile dépêchées sur place.

Les communes les plus touchées sont El Asnam, Bechloul et Sour El Ghozlane. Aussitôt, un dispositif d’intervention est mis en place par la Protection Civile de la wilaya. Tous les moyens humains et matériels sont mobilisés pour secourir notamment les blessés et les victimes sous les décombres. A la Direction Générale de la Protection Civile (DGPC), une cellule de crise est installée pour le suivi et la coordination des secours au niveau du CENAC (Centre national de coordination). Le wali de Bouira accompagné du directeur de la PC de Bouira ainsi que de ses collaborateurs se sont déplacés sur les lieux du sinistre. Deux heures après, le DGPC, le Colonel Mustapha El Habiri, arrive pour superviser les secours et les interventions. La priorité est au sauvetage des vies humaines.

Dimanche 15 Avril. Les renforts de la wilaya de Boumerdés sont dans la matinée sur les lieux. L’ampleur de la catastrophe est importante ce qui nécessite une assistance nationale. Des détachements de renfort première intervention (DRPI), spécialisées dans les grandes catastrophes arrivent de plusieurs wilayas. Ces unités ont été créées suite au séisme de Boumerdés en 2003. En raison de l’ampleur des dégâts, des glissements de terrain, des accidents de transport de marchandises dangereuses et du risque de la rupture d’un barrage, le ministère de l’Intérieur décide de faire appel à l’assistance internationale.

Il est 15h. Un appel officiel est lancé, à travers le site OSOC qui regroupe les protections civiles certifiées Usar (Urban Search and Rescue) pour la recherche et le sauvetage en zones urbaines, a expliqué le chef du bureau de l’information à la DGPC, le Capitaine Nassim Bernaoui. « Aussitôt l’appel lancé, des pays s’inscrivent pour proposer leur assistance. La sélection est soumise aux protocoles d’intervention et des critères notamment la durée du temps d’arrivée. Les équipes doivent également être dotées de matériel qui répond aux besoins », a-t-il précisé, signalant que cela permettra d’identifier les unités d’intervention et le matériel.

Au niveau de la commune El Asnam un site a été aménagé spécialement pour cette manœuvre grandeur nature. C’est l’un des sept qui accueillent l’exercice Eu –Al –Seismeex. Les sapeurs-pompiers algériens sont à pied d’œuvre pour installer le campement. Outre, le Centre du Commandement, le Poste Médical Avancé et autres, une cellule de communication a été aménagée pour les représentants des médias locaux et étrangers venus couvrir cette catastrophe. Des micro-ordinateurs connectés au wifi sont mis à la disposition des journalistes. « La priorité majeure est à l’information en temps réel. Une information crédible, fiable et ciblée pour informer la population mais également la rassurer et l’orienter et la préparer à faire face à un séisme majeur. C’est également un exercice pour préparer les médias au traitement des informations liées à une catastrophe », souligne le sous-directeur des Statistiques et de l’Information de la DGPC, le Colonel Farouk Achour. Pour ce faire, les chargés de communication de plusieurs wilayas ont été mobilisés. Une opportunité pour les mettre également à l’épreuve.

Le montage de l’exercice 

Sur le site, les premiers secours étrangers sont déjà sur place. Il s’agit des unités d’intervention des sécurités civiles Française, Portugaise, Italienne et Tunisienne. L’avantage est que les équipes étrangères sont autonomes. Elles assurent l’assistance sans qu’elles soient une charge pour les secours nationaux. Le détachement portugais est occupé de l’installation d’un hôpital de campagne. « Nous avons dés notre arrivée mis en place le Poste de Commandement. Notre mission ici consiste en la prise en charge médicale avec les éléments de la Sécurité civile Française », a indiqué un officier de la sécurité civile Portugaise. Le représentant de la Sécurité civile Espagnole Emilio Leo, lui, assiste en tant qu’observateur. «J’ai déjà participé à la formation des agents de la protection civile algérienne dans le cadre du programme de formation initié par l’Union Européenne. La Protection Civile Algérienne a atteint un niveau très élevé. Elle a beaucoup progressé, pour preuve, sa récente certification aux normes onusiennes », relève-t-il.

S’agissant de cet exercice international, l’officier supérieur Espagnol a précisé qu’il permettra d’évaluer les déplacements des moyens de secours ainsi que l’organisation entre les secours nationaux et étrangers dans la gestion d’un séisme. La France a dépêché une équipe spécialisée dans le déblaiement et le sauvetage. « C’est une équipe dotée d’un matériel lourd. Cet exercice va permettre d’échanger les expériences et le savoir-faire », a assuré l’observateur espagnol.

Passer à une étape supérieure

Cette manœuvre est une occasion aussi pour les Tunisiens, présents à cet exercice, pour profiter de l’expérience algérienne. «La protection civile algérienne vient d’être certifiée par Insarag. Elle a les performances et les capacités d’intervention. C’est une opportunité pour les sapeurs-pompiers tunisiens qui travaillent actuellement pour l’obtention de ce certificat », a soutenu le représentant de la protection civile tunisienne, le Colonel Tarik Bouslati.

La manœuvre sur terrain se déroule en présence des hauts cadres et des Directeurs de la Protection Civile de plusieurs wilayas du pays. L’Inspecteur Général de la Protection Civile, le Colonel Mohamed Khellaf, signale qu’il s’agit du premier exercice de simulation d’un séisme, à caractère international. «Un exercice national a été organisé à Boughezoul en 2015. Nous sommes passés à une étape supérieure avec cette manœuvre internationale », souligne-t-il à la presse.

Pourquoi cet exercice actuellement ? «Le séisme est l’un des risques majeurs en Algérie. Il est indispensable de préparer les unités d’intervention en permanence. Notre pays n’est pas à l’abri des grandes catastrophes comme les inondations, les séismes et les feux de forêts. La protection civile a atteint un niveau, qui la classe dans un système Européen, notamment en matière de formation et d’organisation. L’exercice permet de tester nos capacités notamment dans le montage d’exercice, la gestion des aides humaines, l’organisation de l’assistance internationale, la coordination et la prise en charge de la logistique qui implique toutes les unités de la PC. A travers cet exercice il y a la mise à jour de nos connaissances aux standards internationaux». Il est à signaler que 12 équipes étrangères de six pays et 7 équipes algériennes, participent à cette manœuvre, parmi elles, des observateurs.

N.B

http://www.sudhorizons.dz/fr/260-francais/l-evenement/31278-exercice-a-bouira-de-simulation-d-un-seisme-coordination-internationale-le-grand-test

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