Alors que la saison estivale bat son plein à l'ouest du pays l Moudjahid le 03 Août 2009 (Reportage)
La protection civile, un gage de sécurité et de bien-être…
Feux de forêt, surveillance des plages, accidents de la circulation… La protection civile affiche sa présence sur tous les fronts, et ses éléments font preuve au prix de grand courage et d'innombrables sacrifices d'une forte détermination et d'abnégation pour être inlassablement au secours des citoyens. «Que voulez-vous, c'est le serment que nous avons tous fait », lance un sapeur-pompier qui fait partie de la colonne mobile de la protection civile de la wilaya de Tlemcen.
Faisant partie du dispositif national de lutte contre les feux de forêt qu'a mis en place la direction générale de la protection civile, elle compte 60 agents qui sont mobilisés depuis le 1er juillet pour faire face aux feux de forêt qui ont ravagé ici une surface de 128 hectares pour un massif forestier estimé à 2.800 hectares. «Le plus important, c'est que nous avons réussi à préserver 500 hectares lors des dix interventions que nous avons effectuées», se félicite le directeur de la protection civile de la wilaya de Tlemcen, le lieutenant-colonel Belabbès Nehari, qui de l'aveu de tous est tout le temps au four et au moulin pour assurer la bonne marche de ses éléments, notamment en cette période estivale où il faut être présent partout en raison du déclenchement des feux de forêt, du rush des estivants vers les plages, mais aussi de la multiplication des accidents de la route qui ont causé rien qu'au mois de juin 7 morts et 60 blessés causés par 47 accidents. «On fait ce qu'on peut avec les moyens dont on dispose et à ce jour, l'on est à 80% de la couverture opérationnelle. Notre souci majeur est de réduire les délais d'intervention», notera-t-il en révélant que la wilaya de Tlemcen dispose actuellement de 14 unités de la protection civile, soit le double de ce qui a été disponible en 2004.
Idem pour l'effectif qui s'est multiplié par deux pour atteindre aujourd'hui 750 agents et officiers. Pour revenir à la colonne mobile qui est dotée de 6 camions-citernes légers d'une contenance de 500 litres chacun et de deux camions-citernes d'une capacité respective de 4.000 l et de 12.000 l, celle-ci intervient au cas de feux de forêt importants et son champ d'action s'étend vers Naâma et Béchar. «On compte quatre blessés parmi nos éléments qui travaillent dans des conditions très difficiles, notamment dans la nuit où la tâche est doublement compliquée», fera savoir le lieutenant Mokhtari Sidi Mohamed, chef de la colonne en question, qui évoque notamment les contraintes liées aux difficultés des accès dans les zones touchées.
Marset Ben M'hidi, La Mecque des estivants…
Forte d'une côte longue de 80 km, la wilaya de Tlemcen accueille chaque été des millions d'estivants venus de toutes les régions du pays. Cependant, le rush le plus important est constaté depuis des lustres dans la station balnéaire de Marset Ben M'hidi, distante de 150 km du chef- lieu de wilaya, et de laquelle on peut constater des drapeaux marocains flotter sur certains toits. «C'est Saïdia, le premier village marocain derrière Marset Ben M'hidi», nous apprend le lieutenant-colonel Nehari lors d'une escapade marine à bord du semi-régide de la protection civile, une embarcation pneumatique très puissante, et qui nous a fait traverser la navette Marset Ben M'hidi–El Ghazaouet au milieu de la grande bleue et des imposantes falaises de la côte. «Toutes les plages autorisées à la baignade, au nombre de 8, sont situées dans ce couloir, et pour ce faire, les surveillants des plages restent à l'affût pour parer à toute mauvaise surprise surtout qu'il existe une quinzaine de plages interdites à la baignade», assure le directeur de la PC qui fait état d'un décès observé hors des heures de surveillance. La protection civile a mobilisé en effet 36 agents spécialisés et 370 agents saisonniers et en raison de l'afflux important des estivants qui envahissent les plages tôt dans la matinée, il a été décidé de commencer la surveillance des plages dès 8 h au lieu de 9 h pour s'étaler jusqu'à 19 h. «Jusqu'à la fin du mois de juillet, on a recensé déjà plus de 6 millions d'estivants tandis que le nombre des interventions est estimé à 370 interventions effectuées par les maîtres-nageurs qui ont permis de sauver 117 estivants d'une noyade certaine et de soigner sur place 128 baigneurs», nous a-t-on appris à ce sujet. Et pour éviter les accidents causés par les embarcations des particuliers, notamment les jets-skis qui sont derrière plusieurs drames ces dernières années. La réglementation interdit à cet effet la circulation de ces «engins de la mort» sur une distance de 300 mètres des rivages et tout contrevenant verra son bien saisi, comme ce fut le cas à Oran où 5 jets-skis ont été saisis par la gendarmerie nationale.
«Nous avons de notre côté pris les dispositions qui s'imposent en procédant dans certaines plages au balisage des zones de sécurité, mais nous souhaitons que toutes les APC s'impliquent», indique le lieutenant-colonel Nehari.
Bienvenue au pays du colonel El Habiri
Culminant à une altitude de 700 mètres, la commune de Beni Snous, distante de la ville de Tlemcen de 50 km, est située dans une zone montagneuse. Ce village n'est autre que le village natal du directeur général de la protection civile, le colonel El Habiri, dont des cousins sont toujours là. «Nous sommes fiers de notre enfant», nous lance un septuagénaire au sortir du café «turc» de Beni Snous, où l'on prépare le café sur un feu de bois et dont le propriétaire, Abdelhafid Gadiri, a hérité ce commerce de son père et de son grand-père. «On propose ce type de café depuis 1930 et moi, je le tiens depuis 20 ans déjà », nous confie-t-il non sans souhaiter une aide de l'Etat pour préserver cet héritage en faisant allusion à l'exonération d'impôts. A l'entrée du village, une unité de la protection civile, dotée d'une ambulance et d'un véhicule d'intervention, a vu le jour au début de cette année et vient de ce fait rassurer avec ses 20 agents la population locale du fait de la longue distance qui sépare Beni Snous de la ville de Tlemcen. “ça nous permettra de réduire le temps d'intervention et d'être présent sur ces lieux», estime le directeur de la PC de Tlemcen qui souhaite arriver à une couverture totale d'ici quelques années. «Sur 20 daïras, il nous reste six qui ne sont pas dotées d'une unité de la protection civile », ajoutera-t-il.
Des PSR sur la corniche oranaise
Connue par l'important rush des estivants sur ses plages et ses complexes, Oran grouille du monde et, naturellement, le nombre des interventions de la protection civile se multiplie. Que ce soit sur les plages ou sur les routes, les pompiers ont toujours du pain sur la planche. Une réalité qui a poussé la PC à mettre en place des postes de secours routiers dans des zones considérées comme étant des points noirs, notamment au niveau de l'axe Oran–Les Andalouses, appelé communément la célèbre corniche oranaise où pas moins de trois PSR sont opérationnels depuis un certain temps et ce, sur un trajet de 20 kilomètres seulement. «Leur implantation est étudiée et elle n'est pas fortuite bien au contraire. Elle est motivée par le nombre effrayant des accidents qui surviennent dans cet axe routier très fréquenté en été et surtout durant les week-ends», affirme un officier de la protection civile de la wilaya d'Oran qui fait état d'une moyenne de 5 interventions. «Ce sont les premiers soins qu'on administre aux victimes en attendant leur évacuation, si ceci s'avérerait nécessaire », témoigne un agent de PSR qui est doté d'une ambulance médicalisée. Ces postes ne sont pas toutefois l'apanage d'Oran uniquement, mais il en existe un peu partout même s'ils ne sont pas en nombre suffisant. «Ils existaient auparavant mais en raison de la décennie noire qu'a connue l'Algérie, on a été obligé de les fermer du fait qu'ils étaient livrés à des actes de sabotage et de vandalisme», tient à signaler le commandant Achour de la cellule de communication de la protection civile. Quant à la surveillance des plages, Oran compte jusqu'à la fin juillet 5 noyades survenues dans des plages interdites à la baignade et un seul décès dans une plage autorisée, mais survenu en dehors des heures de surveillance. «Au total, on compte 33 plages autorisées à la baignade», nous informe le chef de l'unité marine de la protection civile d'Oran, le lieutenant Abdelmadjid Benatia, qui nous confie au passage que 5 jets-skis ont été saisis par les gardes-côtes en raison du non-respect des consignes de sécurité.
Plus de 6,1 millions d'estivants à Mostaganem
D'une capacité d'accueil de 500 places, l'annexe de l'école nationale de la protection civile de Mostaganem fait partie des cinq annexes de l'école de Bordj El Bahri, et contribue chaque année à la formation des agents de la protection civile. Selon son directeur, le capitaine Khaled Berichi, l'annexe en question propose une formation de base de sapeurs-pompiers mais elle a d'autres missions telles l'organisation des regroupements, séminaires et journées d'études, la formation des agents de sécurités et la prévention des établissements socio-économiques et surtout l'organisation de sessions de spécialisation des stages des sapeurs-pompeurs et des sous-officiers qui entrent dans le cadre du Fonds de spécialisation prioritaire (FSP) doté de 2,3 millions d'euros et signé, pour rappel, en présence des ministres de l'Intérieur de l'Algérie et de la France. «Avec l'augmentation des effectifs de la protection civile, notre école est appelée à accueillir l'année prochaine 700 élèves », nous affirme-t-il lors d'une visite guidée dans l'annexe.
Concernant la saison estivale à Mostaganem, celle-ci se déroule dans de bonnes conditions et seul bémol, le nombre effarant des noyades relevées dans les plages interdites à la baignade (14) contre une seule victime dans les plages autorisées. Malgré cela, la protection civile a réussi à sauver d'une noyade certaine 1.356 baigneurs entre le 1er juin et le 27 juillet qui a vu plus de 6,1 millions d'estivants fréquenter les plages de l'ex-Salamandre. «On a effectué 1.832 interventions et secouru sur place 236 personnes, alors que 222 autres ont été évacuées vers les centres de santé », notera-t-on.
La protection civile de Tlemcen sur les ondes de la radio locale
Jouant à fond la carte de la sensibilisation, la protection civile ne lésine pas sur les moyens pour faire passer son message aux citoyens.
A Tlemcen, la radio locale constitue un excellent support pour se faire entendre. Ainsi, des émissions de sensibilisation sont programmées deux fois par semaine, les dimanche et mercredi, de 18h à 19h, et dans lesquelles, des consignes de sécurité et autres conseils pratiques ayant trait au secourisme et aux premiers soins sont données aux auditeurs avec à la clé, un thème bien précis qui est débattu dans chaque numéro par des représentants de la protection civile de la wilaya de Tlemcen (officiers, médecins…).
5 jets-skis saisis à Oran
Ces dernières années, les accidents causés par les jets-skis et autres embarcations dans les plages algériennes ont souvent occupé la une des manchettes. Inconscients des risques qu'ils causent aux baigneurs, les propriétaires de ces engins de l'eau ont été avertis à plusieurs reprises de s'éloigner des rivages et la réglementation à ce sujet leur interdit de circuler sur un rayon de 300 mètres de la plage où des balisages de sécurité sont normalement posées sur l'eau afin de ne pas les franchir. Mais il semble que certains ne font qu'à leur tête, comme ce fut le cas à Oran, où l'on apprend que cinq jets-skis ont été saisis par les gardes-côtes marines après avoir été alertées par la protection civile, soucieuse de la sécurité des baigneurs.
Le bon numéro de la gendarmerie nationale…
Louable initiative que celle prise par la gendarmerie nationale qui a mis en place dans plusieurs endroits des principaux axes routiers du pays (les RN) des plaques dans lesquelles sont mentionnés ses numéros de téléphone en cas d'urgence (pannes, accidents, agressions…).
Visible de jour comme de nuit, les numéros seront sans doute d'un grand secours pour les automobilistes.
Pollution : La situation entièrement maîtrisée après la fuite d'ammoniac à Annaba
L'intervention rapide des équipes de la protection civile quelque temps seulement après l'accident qui a eu lieu samedi au complexe Fritiyal d'Annaba a permis d'empêcher l'émanation des gaz vers les agglomérations urbaines de la cité Seybousse, a-t-on appris de la protection civile.
La brèche de la fuite a été colmatée au moyen d'un barrage qui vient d'être installé par les agents de la protection civile, précise-t-on.
La fuite d'ammoniac dans la conduite joignant le complexe Fritiyal des produits azotiques et des insecticide ex-Asmidal et le lieu de chargement dans le quai Sud du port d'Annaba survenue hier a causé une pollution maritime à Jouanou (Seybousse) et des brûlures de premier degrés à trois agents, a-t-on déploré.
L'émantion de l'ammoniac et l'ascension des gaz toxiques sur une hauteur de quelques mètres ont occasionné des brûlures au niveau des jambes à deux agents de la protection civile et à un agent de sécurité du complexe Fritiyal alors qu'ils tentaient d'intervenir, a-t-on indiqué.
L'intervention des pompiers qui a eu lieu en présence des représentants des autorités locales et des cadres de l'institution portuaire et ceux de Fritiyal a durée plus de trois heures. Aucun dégât sanitaire parmi la population n'a été signalé, selon des assurances fournies par les responsables de la protection civile.
Aucune déclaration n'a été donnée par les responsables du complexe Fritiya concernant les causes techniques ayant causé cet accident et les répercussions qui pourraient découler de la fermeture de la conduite de transportation de l'ammoniac vers le port d'Annaba, ni des procédures prévues pour la réparation de cette panne.
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