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Tamanrasset Un plan pour la gestion des catastrophes le Temps le 19 Janvier 2010

(REPORTAGE)

O UTRE la visite des infrastructures dont a bénéficié la Protection civile, qui couvre aujourd'hui presque tout le territoire national, le voyage se veut aussi une énième occasion de constater sur le terrain «ce qui a été fait et ce qui reste à faire» dans le domaine.

Si la plupart des wilayas d'Algérie sont touchées par les inondations, celle de Tamanrasset est l'une des plus exposées à la furie des eaux. Et pour cause. Pas moins de 20 oueds traversent la wilaya. Et lorsque ces derniers, souvent secs en hiver, connaissent des crues saisonnières, généralement en août et en juillet, comme nous l'explique le lieutenant colonel Azzedine Benkadour, directeur de wilaya de la Protection civile, «l'on ne peut rien faire». La prévention, la nécessité de conjuguer les efforts et les moyens de tous les secteurs demeurent pour lui la priorité pour faire face à ce genre de catastrophe. Le premier responsable du secteur a, dans cette optique, présenté un rapport devant les membres del'APW sur le plan d'intervention contre les inondations. Sur ce plan, hormis le programme national de protection des villes contre les inondations, la direction de la Protection civile de la wilaya a pris les devants en prenant des mesures pour la gestion de ces catastrophes. Ainsi,

selon M. Benkadour, la Protection civile, en collaboration avec les directions concernées par le plan d'intervention (plan orsec), a été décidé d'identifier pour chaque commune 4 sites où seront «sécurisées» les populations en cas de catastrophe. «Ces derniers sont pour l'instant des espaces qui seront dotés en conséquence de tentes et autres matériel», explique-t-il.

17 sites menacés par les crues

En outre, sur la trentaine d'oueds qui traversent le territoire de la wilaya, le directeur, M. Benkadour, indiquera qu'il existe 17 plus importants oueds (Tamanrasset, Otoul, Abalsa, Tit…) qui menacent les populations. Les zones habitées constituent des zones menacées, d'où l'élaboration du plan. M. Benkadour indiquera, en outre, que 4 oueds, à savoir Otoul, Tazrouk, Souran et Tahifat, sont considérés comme des points noirs. En plus des pertes en vies humaines que causent les crues, la Protection civile a recensé comme autre danger l'isolement de la wilaya dû au routes coupées, essentiellement la RN1. «Dès qu'un BMS nous parvient, nous fermons carrément les routes menacées»,explique M. Benkadour, ajoutant que la Protection civile anticipe en avertissant la popu-lation à travers les radios locales. Des campagnes de sensibilisation et de simulation continuelles sont menées pour «préparer la population à d'éventuelles catastrophes et l'informer des divers risques qu'elle encourt».

«La sensibilisation de proximité est très importante», renchérit le commandant Farouk Achour, qui regrette toutefois que «la Protection civile se substitue aux autorités locales dans ce volet, alors même qu'en vertu de l'article 11 de la loi 04-20, l'Etat se doit de sensibiliser et de protéger les citoyens». Le plan détaillé élaboré par la Protection civile de Tamanrasset est destiné à relever tous les points relatifs aux inondations et comporte des recommandations quant aux moyens de lutter contre les inondations.

13 crues en 9 ans

Malgré les efforts des pouvoirs publics qui ont construit des oouvres d'art, des murs de protection le long des oueds, allant parfois jusqu'à 9000 m de longueur (Oued Tam), les dégâts occasionnés par les crues sont énormes. De 2000 à 2009, la wilaya a enregistré 13 crues ayant occasionné des dégâts matériels considérables. La plus importante est celle de 2005 qui a emporté 7 adolesc ents à Aïn M'guel. La Protection civile a relevé la quasi-inexistence des plaques de signalisation avertissant les automobilistes de passages d'oueds dangereux.

RN1, les tronçons de la mort

Ces routes devenues aujourd'hui de véritables cimetières constituent également une attention particulière pour la Protection civile. 20 unités sont implantées le long de la RN1, mais il n'en demeure pas moins que le facteur éloignement ne permet pas aux éléments de la Protection civile d'intervenir au moment opportun. La nécessité de doter la Protection civile de moyens aériens se fait sentir de plus en plus. «La région du Sud devrait bénéficier d'un hélicoptère que devra acquérir la Protection civile sous peu», signalet-on. A Aïn M'guel, lors de notre passage, l'unité a été mise en branle par un accident signalé sur la RN1. «Il a fallu cinq heures aux agents de la protection pour arriver sur les lieux du drame.

L'accident a fait 1 mort et 2 blessés», nous raconte M. Benkadour, la victime. Depuis 2006, ce «mouroir» a enregistré 67 décès. 2009 est l'année la plus meurtrière. 27 morts et 186 blessés. Le dédoublement des voies est une autre nécessité estiment à l'unisson les responsables de la Protection civile qui répondent toujours présent quand il s'agit de secourir ou de sauver des vies, mais d'autres moyens doivent être mis à leur disposition.

S. M. Un centre de regroupement des équipes nationales

L A dernière mésaventure des Verts face au modeste Malawi en terre angolaise, qu'explique Saâdane par «l'altitude» et le taux d'humidité très élevé semble avoir été une leçon retenue par les pouvoirs publics qui ont décidé pour l'année 2010 de retenir comme projet d'envergure,

un cen- tre de regroupement des équipes nationales qui sera implanté à Tamanrasset. Le secrétaire général de la wilaya de Tamanrasset, Brahim Achacha, a révélé dimanche qu'un centre de regroupement pour les équi-pes nationales est retenu pour l'exercice 2010 de la wilaya de Tamanrasset. S'exprimant sur le développement local de la wilaya lors d'une entrevue qu'il a accordée à la délégation de la Protection civile en voyage d'étude dans le Sud, le SG de Tamanrasset a révélé que ce projet initialement prévu à Tazrouk sera finalement implanté à Tamanrasset (1340m d'altitude) en raison de l'éloignement de Tazrouk et des difficultés d'accès. Ce grand pro-jet qu'attendent depuis des lustres nombre de professionnels sera doté d'un budget de 50 milliards de centimes, selon les estimations, alors que son étude qui est en cours, coûtera 5 milliards de centimes. Il sera implanté à proximité de l'aéroport de la ville, révèle encore notre source. «C'est un projet d'envergure qui sera doté de toutes les commodités (stades hôtels, annexes…)», se réjouit le SG de la wilaya de Tamanrasset.

La wilaya de Tamanrasset «en voie de développement»

Tout comme à Ghardaïa, les populations de Tamanrasset, essaimées sur un quart du territoire national, troisième escale du voyage d'étude de la Protection civile, font face quasiment aux mêmes risques et font les frais de l'acharnement de la nature (crues d'oueds) et de l'inconscience des hommes devenus pour beaucoup de vrais terroristes des routes. B IEN plus qu'une simple zone de passage, Tamanrasset est aujourd'hui une ville qui reprend vie ainsi que toutes les localités de la wilaya qui «occupent tout de même un quart de la superficie du pays», estime son secrétaire général, Brahim Achacha. S'exprimant sur le développement local, l'ampleur des réalisations qu'a connues la wilaya ces dernières années ainsi que les perspectives d'avenir, le secrétaire général a mis en exergue, lors d'une audience qu'il a accordée à la délégation de la Protection civile composée de responsables centraux et de journalistes en visite dans le Sud, l'importance des projets dont a bénéficié Tamanrasset mais aussi la nécessité d'Tmuvrer pour la protéger du «danger éternel» que constituent les crues saisonnières. «Le projet du siècle» pour Tam demeure incontestablement, selon le SG, le transfert des eaux souterraines de la région d'In Salah sur une distance de plus de 700 km destinées à l'alimentation en eau potable de Tamanrasset. Prévue pour la fin du premier semestre 2010, la mise en service du transfert «connaîtra à coup sûr un glissement de délai de quelques mois», reconnaîtra M. Achacha, tout en se réjouissant du taux d'avancement des travaux estimé à 70%. «Avec ce projet, Tam reprend espoir», répliquera pour sa part la DPAT, M me Ourad Djedjiga, qui fera savoir qu'un projet d'alimentation en gaz de ville est aussi en cours, alors que le projet de l'institut national des mines démarrera incessamment. Abordant le volet éducation en général, le SG mettr a en avant le nouveau pôle universitaire et l'inscription de 2000 places pédagogiques pour l'année 2010, insistant sur la «bonne couverture» en matière d'infrastructures éducatives. Sans aller dans les détails, il fera savoir qu'un lycée, 4 CEM et 5 groupes scolaires ont été réceptionnés pour l'année 2009/2010. S'agissant de la santé, la couverture est aussi bonne, selon nos deux interlocuteurs, avec notamment un hôpital psychiatrique, un centre pour toxicomanes, 15 polycliniques et 54 salles de soins. Cependant, le problème qui se pose pour le secteur médical, c'est le manque de personnel, médecins et spécialistes étant réticents à l'idée de travailler dans le Sud. D'où, pour la DPAT, la nécessité d'une bonne politique d'incitation. «Non seulement pour le logement mais aussi du point de vue rémunération», fera-t-elle remarquer, avant de parler des potentialités agricoles de la wilaya dont un programme conséquent de plus de 100 milliards de centimes lui a été destiné dans le cadre du PPDRI. Mais les problèmes majeurs, par lesquels la Protection civile est directement concernée, demeurent les crues des oueds et les accidents de la circulation. A cet effet, le SG révélera en filigrane l'existence d'autres projets d'ouvrages d'art à Otoul et Arak.

Par S. Mekla


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