Protection civile : Un engagement au quotidien El Moudjahi le 17 Janvier 2010
Pour l'année 2009, les services de la protection civile de la wilaya de Ghardaïa ont enregistré pas moins de 12.018 interventions, une moyenne de 1.001 interventions mensuellement. C'est dire que loin d'être une sinécure, le métier de pompier requiert une disponibilité et un engagement de tous les instants particulièrement dans une wilaya telle que Ghardaïa qui, au regard de son emplacement géographique et la configuration de son relief, présente des risques liés aussi bien aux inondations, l'ensablement, qu'aux accidents de la circulation et ceux industriels du fait du passage, sur son territoire, de gazoducs et de pipeline ainsi que la présence d'une plateforme pétrolière et d'une station de pompage. Le risque inondation, explique le commandant Mohamadi Brahim, nouvellement affecté à la tête de la protection civile de Ghardaïa mais très rapidement imprégné de sa mission localement, est principalement lié au fait que la wilaya est traversée d'ouest en est par plusieurs oueds, dont les plus importants sont l'oued M'Zab, le Balouh, le Metlili, Labiadh, le Zegrir et l'oued Entissa. Des oueds alimentés par plusieurs affluents et qui se déversent tous dans l'oued Mia, vers l'exutoire, la nappe de Ouargla, d'où la remontée des eaux dans cette wilaya. En effet, le long de ces oueds, et, malheureusement, comme cela s'est vérifié lors de la catastrophe qui a frappé la vallée du M'Zab, et, principalement, la ville de Ghardaïa, au cœur même de ces oueds se trouvent les concentrations d'habitants et les grands centres de vie. Des inondations, Ghardaïa en a connu avant celle dramatique du premier octobre 2008. Depuis 1991, à titre indicatif relève la protection civile, il en a été enregistré une dizaine. De fait, l'implantation des unités d'intervention de la protection civile a suivi cette configuration et cette concentration urbaine. En effet, hormis l'unité secondaire d'El-Ménéa située plus au sud à 270 km du chef-lieu de wilaya et le poste avancé de Hassi Lefhel, l'unité principale et les quatre autres unités secondaires se trouvent toutes dans un rayon allant de 20 à 115 km autour de la ville de Ghardaïa. La protection civile se trouve ainsi chargé de couvrir un territoire de plus de 8 000 km2 avec une largeur de 200 km et une profondeur de 450 km. Une mission pour laquelle ce corps a été doté de moyens pour l'amélioration des conditions de travail et de vie des agents de la protection civile comme en témoigne l'enveloppe allouée durant ces dix dernières années et qui s'élève à 70 milliards de centimes pour les infrastructures et les équipements ainsi que 23 milliards de centimes alloués au titre de l'enveloppe spécifique et puisée du fonds spécial de développement des régions du Sud pour l'acquisition de motopompes et d'embarcations après les inondations. Des moyens, certes, conséquents, mais qui demeurent insuffisants au regard de la gestion des risques, et, notamment celui des accidents de la circulation. Avec un réseau routier qui compte 1.165 kilomètres dont 750 km de routes nationales, les services de la protection civile se trouvent confrontés au facteur temps, éloignement, rapidité de l'intervention et bien sur l'évacuation sanitaire. A ce sujet, l'officiermédecin de l'unité principale nous a fait part du calvaire du transfert d'un grand brûlé sur une distance de plus de 600 kilomètres pendant neuf heures, soit jusqu'à l'hôpital de Douera. Une contrainte et une difficulté prises en charge au niveau de la direction générale de la protection civile, nous apprend le colonel Lahçene Hocine chargé des missions spécifiques, pas seulement pour le Grand Sud, mais, également, pour les régions du Nord avec le projet d'acquisition de six hélicoptères. Ce projet de flotte aérienne, avec la formation des pilotes est à un stade avancé, et, une fois opérationnel, l'intervention de la protection civile gagnera en efficacité et en rapidité pour les premiers secours les hélicoptères étant médicalisées et équipées en conséquence ainsi que pour le transfert ou l'évacuation vers les centres hospitaliers appropriés.
