DGPC
Menu

République Algérienne Démocratique et Populaire

MINISTERE DE L'INTERIEUR ET DES COLLECTIVITES LOCALES
DIRECTION GENERALE DE LA PROTECTION CIVILE

Accueil
Actualités - Reportage :

FAIRE LE PÉRIPLE
ALGER-TAMANRASSET PAR ROUTE EST UNE
OCCASION QUI NE SE PRÉSENTE PAS TOUS LES JOURS.
LE VOYAGE D’ÉTUDE, ORGANISÉ PAR LA PROTECTION CIVILE
AU PROFIT DE CERTAINS ORGANES DE PRESSE, EST UNE VRAIE
AUBAINE POUR DÉCOUVRIR LE CONTRASTE DU RELIEF ET DES
PAYSAGES DE NOTRE PAYS, MALHEUREUSEMENT
MÉCONNU DE LA PLUS GRANDE PART DE LA
POPULATION.

REPORTAGE : Alger-Tam Voyage au bout du désert Horizons le 10 Mars 2010

Reportage réalisé par Abbas Ait Hamlat

L e voyage qui a duré 11jours nous a permis également de confirmer que s'il existe une «fourmilière» qui ne connaît pas de répit, à longueur d'année, même pendant les rudes journées et nuits d'hiver, c'est bel et bien, la Protection civile. Les hommes et les femmes de ce corps de métier accomplissent, avec satisfaction, leur noble mission, même au péril de leur vie pour… sauver des vies. Notre voyage commence à 9 h du matin

depuis l'école de formation de Dar El Beida. Après avoir siroté des cafés dans le salon d'honneur, on emballe nos bagages et l'aventure commence sous un ciel brumeux à bord d'un minibus. Sur la route, depuis Chiffa en passant par Médéa et Bouguezzoul où il pleuvait à torrent, « nos encadreurs » remarquent, comme nous, les dépassements dangereux sur la route « qui sont à l'origine de plus 70% des accidents de la circulation routière» commente le commandant Achour. Sur les hauteurs de Médéa, un accident de la route sur la RN1 venait d'avoir lieu. Une voiture neuve de marque Peugeot a dérapé. Cet accident a fait deux blessés, ce qui nous a permis de voir les «pompiers» à l'Tmuvre.

15 KM À PIED, UNE CORVÉE POUR LES ÉCOLIERS

Première escale de notre long périple : Djelfa. A l'entrée de cette wilaya, entre Bouguezzoul et Hassi Bahbah, on remarque des élèves sillonnant le long de la route. Le ramassage scolaire est, apparemment, inexistant dans cette contrée. Ces écoliers marchent quotidiennement plus de 15 kilomètres (allerretour) depuis leur domicile pour rejoindre l'école, chose qui n'est nullement facile pour ces enfants et adolescents, surtout en cette période de l'année où il fait parfois 5°C. A de plus en plus qu'on se rapproche du chef lieu de wilaya, autrefois déshéritée, un constat s'impose : Djelfa s'est métamorphosée à la faveur du programme de développement destiné aux Hauts-Plateaux.

Cette wilaya steppique ressemble aux villes du nord de par les nouveaux édifices qui y sont construits. Une fois dans la capitale des Ouled Nail, le lieutenant colonel de la protection civile, M. Boukhnifer Ameur a tenu à nous faire visiter le nouveau siège de l'unité principale de la ville.

«Un vrai bijou», selon le commandant Achour. Non encore opérationnelle, mais elle accueille déjà la sélection de boxe de la protection civile pour préparer le championnat régional de cette discipline sportive. M. Ouradi, double champion d'Afrique et Cherifa Naziha, trois fois championne d'Algérie, qui se préparent pour les rings sont satisfaits des conditions d'accueil. «Il ne manque que les rings» a affirmé M. Ouradi.

La nouvelle structure sera opérationnelle dans quelques jours. «Elle n'a rien à voir avec l'ancien siège», aime-t-il à dire. Le lendemain, direction Ghardaïa. Durant le trajet et de part et d'autre des 260 km de routes droites qui séparent les deux villes, des chantiers témoignent du changement que connaît le sud du pays dont un projet de dédoublement de la voie.

Le commandant Brahim Mohammedi qui vient de prendre ses fonctions à la tête de la Protection Civile affirme que « le problème numéro un de la wilaya de Ghardaïa est le risque d'inondation ». Il a fait savoir que « quasiment chaque commune est traversée par un oued et 80 % des habitations se situent aux abords des oueds » a-t-il soutenu. Le commandant Brahim a affirmé également que la région court un risque industriel. «Toutes les canalisations du gaz qui relient Hassi Messaoud et Hassi R'Mel passent par Ghardaïa » a-til indiqué. L'ensablement du réseau de 750 km constitue un véritable mouroir pour les automobilistes.

1 500 TOURISTES EN FIN D'ANNÉEISTESEN FIN D'ANNÉE

Des touristes nationaux et étrangers déambulent dans la ville de Ghardaïa. Ils sont venus passer des moments de détente et de découverte dans les palmeraies de la région du M'zab, dont de nombreux sites sont classés patrimoine universel. Selon les statistiques fournies par la direction du tourisme, « près de 1 500touristes, entre nationaux et étrangers, ont préféré passer les fêtes de fin d'année dans la région ». Toutes les structures hôtelières, situées dans la wilaya de Ghardaïa, au nombre de 22 dont cinq classées, ont affiché complet en fin d'année. La station thermale de Zelfana, distante de 70 km au sud-est de Ghardaïa, connaît également un flux important de visiteurs qui viennent à la recherche des vertus curatives et récréatives de la station réputée, aussi, par son oasis verdoyante et ses dunes

LES CRUES, UN RISQUE MAJEUR

Le lendemain, tôt le matin, nous prenons le chemin vers Tamanrasset. Les Chinois sont présents sur les chantiers de transfert de l'eau de In Salah vers Tamanrasset sur une distance de 750 km. La région d'Arak, distante de 270 Km d'In Salah et de 400 Km de Tamanrasset est époustouflante par ses reliefs. Ces montagnes et ces formes rocheuses ne sont pas, cependant, du goût des chefs du projet puisque ce relief va causer des retards considérables dans les délais de réalisation.

Difficulté à laquelle ils sont confrontés. Ici, dans ce grand désert, on a l'impression d'être coupés du monde. Ni lectricité,ni réseau de téléphone mobile. «C'est une région idéale pour ma retraite » dira Si Lahcen d'un air plaisantin. Le lieutenant colonel Azzedine Benkadour, directeur de wilaya de la Protection civile, a fait savoir que le problème numéro un auquel font face ses agents, est celui des crues. Une trentaine d'oueds traversent le territoire de la wilaya dont 17 soit les plus importants : Tamanrasset, Otoul, Abalessa, Tit… menacent la population.

M. Benkadour indiquera, en outre, que quatre oueds, à savoir Otoul, Tazrouk, Souran et Tahifat sont considérés comme des points noirs. En plus des pertes en vies humaines engendrées par les crues, la Protection civile a recensé comme autre danger l'isolement de la wilaya dû aux routes coupées, essentiellement la RN1. «Dès qu'un BMS nous parvient, nous fermons carrément les routes menacées», explique notre interlocuteur, ajoutant que la Protection civile est prévoyante en avertissant la population à travers les radios locales. Des campagnes de sensibilisation et de simulation continuelles sont menées pour «préparer la population à d'éventuelles catastrophes et l'informer des divers risques qu'elle encourt ».

Le territoire du lion, attention aux intrus

Le lieutenant colonel Mohammedi nous a présenté Abou El Kacem, l'un des membres du comité de surveillance des crues de Oued M'zab « Oumanaa Essayl ». Le représentant de ce comité est revenu sur le sinistre de 2008 qui avait engendré 43 morts, 4 disparus, 86 blessés et des dégâts matériels importants. Selon la légende, « le premier octobre c'était la date de la délivrance du Lion auquel n'a cessé pourtant de prévenir notre premier amin Hadj Saïd Hamou surnommé Cheikh Ennakhil » relate-til.

«Notre premier amin a beau conseiller les habitants de Ghardaïa de ne pas construire dans les abords de l'Oued, car c'est un territoire du Lion et celui-ci n'accepte pas d'être délogé de son terroir, sinon le chasseur payera les frais de cette intrusion. C'est exactement ce qui s'est passé en 2008 » raconte notre interlocuteur. Quiconque s'aventure donc à élire domicile aux abords des oueds peut risquer gros, selon la légende. Notre guide nous a expliqué également que le système de régulation du débit de l'Oued, par le biais des « fougaras » est un système d'irrigation utilisé à Malte. Cette technique inventée par les agriculteurs de la région est digne d'une Tmuvre de grands ingénieurs en hydraulique. Ce système permet d'irriguer les palmeraies, de garder les réserves d'eau par le biais des différentes digues et d'évacuer le trop plein.

n A. A. H.

 

ADMIRER LE COUCHER DU SOLEIL DEPUIS LASSEKREM

otre surprise fut grande lorsque le commandant Achour nous affirme que le lendemain nous allons nous rendre à Laskrem ! «C'est une très bonne idée» dira une consTmur. Deux voitures 4X4 nous attendent pour monter à Assekrem. 82 km de piste à parcourir ! La beauté des différents paysages nous fait oublier la difficulté du trajet. Des montagnes se dressent majestueusement au milieu des regs à perte de vue. Ahagguar, Adhryan, Adhadh (Le doigt), le Lion, L'Eléphant, Akar Akar». Ce sont là, les appellations de différentes montagnes. Tout monde est ébahi par la beauté de toutes ces merveilles ! Après trois heures de traversée sur les pistes, nous y sommes. À Lassekrem. Une caserne militaire, un poste de douane et un poste avancé de la protection civile. Ce dernier n'a rien à envier à ceux des Hauts- Plateaux ou encore à ceux de la Capitale. Construit en pierre taillée, il est doté d'une grande aire de stationnement, de véhicules. Lors de notre pérégrination, Vantura, un moine espagnol, nous a invité à prendre du thé. Il est là depuis trois ans à faire ses prières dans une petite chapelle que le Père Charles de Foucauld avait construite. Ce dernier, était un catholique qui a passé la majorité de sa vie parmi les Touaregs dans le Sahara. Il a été assassiné en 1916 devant la porte du fort qu'il construit pour la protection des Touareg. Son amour pour ces derniers l'a poussé à faire premier dictionnaire Targui Français. Le religieux nous a expliqué également le système de récupération d'eau dans une zone où il pleut très rarement. En visitant cet endroit, on comprend facilement pourquoi le plateau de l'Assekrem draine une foule nombreuse durant la période de fin d'année, les fêtes de Noël et du Nouvel An. Ces amoureux du Grand Sud algérien viennent régulièrement accomplir leur pèlerinage habituel à Assekrem. Ici, le lever et le coucher du soleil sont parmi les plus beaux au monde. n A. A. H.

RN1 , LE TRONÇON DE LA MORT

Longue de plus de 2 400 km, la route nationale N°1 est devenue aujourd'hui un véritable cimetière. Elle constitue une attention particulière chez les éléments de la Protection civile. 20 unités sont implantées le long de la RN1, mais il n'en demeure pas moins que le facteur éloignement ne permet pas aux agents de la Protection civile d'intervenir au moment opportun. La nécessité de doter la Protection civile de moyens aériens se fait sentir de plus en plus. «La région du Sud devrait bénéficier d'un hélicoptère que devra acquérir bientôt la Protection civile», signale t-on. A Aïn M'guel, lors de notre passage, l'unité a été mise en branle par un accident signalé sur la RN1. «Il afallu cinq heures aux agents de la protection pour arriver sur les lieux du drame » nous dit-on. n A. A. H

 

Abdellah, Mohamed et Adel préfèrent le palmier

Partir de Kabylie et s'installer définitivement à Ouargla a certainement causé un petit pincement au cTmur pour la première génération qui s'est installée làbas pour des raisons de travail. Leurs enfants, quant à eux, ont tenu à la langue maternelle mais pas au sol «des aïeuls». Rencontrés sur les lieux, sous la grande rose de sable, dressée au centre ville de Ouargla, Abdellah, Mohamed et Adel, n'ont aucune envie de visiter l'endroit où ont grandi leurs parents. Ouargla, pour eux, est le centre du monde, ils ne peuvent en aucun cas vivre ailleurs. « Nous sommes ensorcelés par cette ville, et nous n' éprouvons aucune envie de l'échanger même avec Londres ou Paris ou autres villes européennes ». Ces trois jeunes ont tous fait des études supérieures, Alger pour Abdellah et Mohamed et Constantine pour Adel. D'ailleurs, ils se sentaient « dépaysés » dans ces villes lors de leur cursus universitaire. Leur amour pour les palmeraies et la ville de Ouargla a grandi avec eux, semble--t-il !

n A. A. H.

«El-Goléa»,une eau distribuéegracieusement

 

On ne peut pas quitter cette petite ville charmante sans escalader le Ksar D'El Goléa. La citadelle a été fondée par une tribu berbère entre le 9ème et le 10ème siècle. Elle était gouvernée par une reine, Sultane d'El-Goléa qui, dit-on, était d'une grande beauté, mais aussi intelligente et active. Elle habitait au sommet du K'sar, protégée par la dernière enceinte, préférant sa vie de solitaire aux agréments et aux servitudes de la vie matrimoniale !!! Ce qui est frappant dans cette citadelle, c'est l'existence d'un puits, très profond, dégageant une vapeur chaude ! « C'est la bouche d'un volcan » nous dit-on. Le sud est connu d'ailleurs par ce phénomène de volcans endormis. « Un endroit idéal pour se rappeler à quel point Dieu est grand » dira une consoeur. El Goléa est également une marque d'eau minérale distribuée à travers le territoire national. Son propriétaire a réalisé un réseau dans cette région pour la distribuer gratuitement pour tous les foyers.

n A. A. H.

HAUT



Copyright 2007 --- DGPC ---