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Avec la Protection civile de Médéa : sur les traces des… incendies de forêt

Médéa, lundi 29 juillet. Les hommes de la Protection civile peuvent souffler en cette journée «clémente». Durant les dernière 48 heures, ils ont dû batailler contre quatre importants feux de forêt, dont celui de la «Bergerie», à Benchicao, qui a nécessité une intervention de 36 heures pour son extinction. De notre envoyée spéciale: Neïla Benrahal.

Le responsable de la communication de la direction de la Protection civile de Médéa, le sous-lieutenant Karim Benhafsi, a indiqué que tous ces incendies ont été maîtrisés. «Aujourd’hui, nous n’avons recensé aucun départ de feu. Hamdoulillah, RAS (rien à signaler, ndlr), j’espère que cela va durer», lance-t-il, soulagé. Et d’ajouter : «Notre objectif principal est la protection des personnes et des biens notamment les habitants à l’intérieur des maquis ainsi que les poulaillers et autres étables.» L’officier s’est ainsi félicité de la protection de 120 habitations lors du feu de forêt à El Kaf Lahmar. L’incendie qui s’est déclaré à 12h20 a ravagé, entre autres, 27 ha de pins d’Alep, 130 oliviers alors que 100 ha de forêt et 10 d’arbres fruitiers ont été sauvés. A El Amaria, les unités d’intervention ont également réussi à sauvegarder 400 ha de forêt, après un combat de 36 heures avec les flammes.

                                       Il brûle une forêt à cause d’un… sanglier

Localité de Bassour. Ici, un feu récent s’est déclenché à la lisière d’une forêt détruisant plusieurs hectares. Pour la Protection civile, l’absence de débroussaillage des abords des routes et des maisons entourées de champs de pommes et de poires est la cause du sinistre. «Les herbes sèches ont l’effet d’essence. Les gens n’ont pas conscience qu’une étincelle suffit à ravager des hectares», déplore le chef du bureau de l’information à la Direction générale de la Protection civile, le capitaine Nassim Bernaoui. Autre remarque : les champs ne disposent pas de citernes d’eau malgré les recommandations de la Protection civile. «Le propriétaire ou l’agriculteur peut recourir à la citerne en cas de feu, avant l’arrivée des secours. Cela permettra de limiter les dégâts», rappelle l’officier. Car dans cette région montagneuse au relief accidenté, compter uniquement sur la Protection civile peut s’avérer désastreux.

«Le camion anti-incendie ne peut pas accéder au lieu de l’incendie vu le terrain accidenté, c’est l’une des grandes difficultés rencontrées», précise le chef d’unité de la PC d’Ouazra, le lieutenant Hamzi. Dans ces cas, notamment dans les feux de maquis et forêt, les sapeurs-pompiers se déplacent à pied, au foyer du feu, avec un seau- pompe contenant 20 l d’eau porté sur le dos, sous une chaleur de plomb. A cela s’ajoute l’absence de couloirs de sécurité dans les maquis et les forêts. «Nos hommes sont ainsi obligés de faire plusieurs navettes à pied pour lutter contre le feu, à cause de la difficulté d’accès sur un terrain accidenté mais aussi au manque de points d’eau. Dans ce cas, le commandant de l’opération doit prioriser la protection des personnes et des biens au détriment de la forêt», relève le lieutenant Hamzi.

                 Tessons, cannettes: un risque potentiel de départ du feu

A quelques mètres, des superficies forestières noircies par le feu et des centaines de pommiers calcinés témoignent de la violence des flammes. L’origine de cet incendie n’a pas été encore déterminée. Des traces d’un feu sont toutefois visibles alors qu’une note interdit strictement d’allumer du feu devant ou à proximité d’une forêt durant la période allant du 1er juin au 31 octobre. Selon des témoignages recueillis sur place, c’est le propriétaire d’un terrain agricole qui a incendié une partie du champ pour empêcher un sanglier d’y accéder. «L’utilisation imprudente des feux agricoles, le brûlage des chaumes en particulier, constituent deux principales causes des feux de forêt», souligne le capitaine Bernaoui. Autre cause de ces sinistres, les bouteilles en verre et autres cannettes abandonnées aux abords ou en pleins massifs forestiers.

A Benchicao, un village agricole par excellence, les arbres de la forêt de Taguina ne sont que des squelettes noircis se dressant au ciel. Ici, les couleurs ont disparu, il ne règne que le noir et le gris des cendres. L’atmosphère y est encore suffocante et le sol est toujours brûlant. Le terrain est inaccessible en l’absence de couloirs sécurisés. Les soldats du feu ont mené une «vraie guerre» contre les flammes, dans des conditions défavorables à cause de la canicule et du vent. Pour tenter de circonscrire les flammes, le chef de la colonne mobile des feux de forêt, le lieutenant Benmalek Benyoucef, estime que l’aube est le moment idéal. «Nous trouvons des difficultés immenses entre 12h et 16h», a-t-il assuré. Et la nuit ? L’officier a assuré que les interventions sont menées H24, notamment s’il y a menace sur les habitants. Est-il possible pour les pompiers de surveiller tous les feux éteints dans des conditions d’insécurité dues au terrorisme ? «Il y a toujours une coordination avec les services de sécurité sur le terrain ainsi qu’avec les forestiers qui sont considérés comme  éclaireurs et  guides  en raison de leurs connaissances des points d’eau et des pistes d’accès», indique le lieutenant Benyoucef. Au niveau de cette forêt, des traces de feu de grillades ont été constatées. «Les flammèches peuvent provoquer des incendies», observe l’officier.

Quelles en sont les causes ? L’homme est à l’origine directement et indirectement dans ces incendies. Selon les enquêtes du département incendies et explosions de l’Institut national de criminologie et criminalistique de la Gendarmerie nationale, les jets de mégots ou d’allumettes provenant des véhicules et les bris de verre de bouteilles sont à l’origine des feux notamment dans les wilayas de Bouira, Boumerdès et Tizi Ouzou. A cela s’ajoute l’utilisation inappropriée et négligente du feu dans l’agriculture et la collecte de miel. Outre les pyromanes, des incendies peuvent être allumés par vengeance à cause de conflits ou pour des intérêts par la mafia du foncier ou du bois.

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